Cursus franco-allemands – Episode 1

Sur la photo il y a Isabelle et Sophie, deux étudiantes en Gouvernance internationale et européenne.

Dans le cadre de notre nouvelle série « Cursus franco-allemands », nous vous présentons les profils de personnes issues de ces cursus et leurs témoignages. Aujourd’hui, découvrez le portrait de Sophie, étudiante en « Gouvernance Internationale et Européenne » entre Sciences Po Lille et la WWU Münster.

Peux-tu brièvement te présenter ?

Je m’appelle Sophie, j’ai 22 ans et je suis actuellement en 5e année du double-diplôme « Gouvernance internationale et européenne » entre Sciences Po Lille et la WWU Münster avec une spécialisation en « Communication et Médias ». Je vais bientôt commencer un stage de 6 mois au sein des Francofolies en communication et relations presse.

Pourquoi avoir choisi des études franco-allemandes et ce cursus spécifiquement ?

Etant moi-même franco-allemande, j’ai voulu poursuivre des études bilingues afin de pouvoir éventuellement travailler dans un pays ou dans l’autre à l’avenir. N’étant pas sûre de la voie professionnelle à laquelle je me destinais, j’ai choisi un cursus multidisciplinaire pour ne pas avoir à me spécialiser trop tôt. Le cursus entre Sciences Po Lille et l’Université de Münster s’imposait donc comme le bon compromis entre mes ambitions personnelles et mon envie de généralité.

Au-delà de l’expérience qu’apporte un cursus binational, c’est aussi et surtout un atout sur le marché du travail. En effet, dans un monde de plus en plus globalisé, les recruteurs recherchent davantage de candidats avec des compétences plurilinguistiques et multiculturelles. Un tel diplôme nous permet de nous démarquer sur le marché du travail.

Comment se déroule ton cursus exactement ?

Il s’agit d’un cursus de 5 ans au total pour lequel on finit avec plusieurs diplômes, celui de Sciences Po Lille et deux de l’université de Münster (un Bachelor et un Master). La première année se déroule à Lille, la deuxième à Münster et nous alternons ainsi chaque année entre les deux villes pendant 5 ans. Chaque été, la promo de 40 étudiant.e.s environ (20 du côté français et 20  du côté allemand) doit donc déménager d’une ville partenaire à l’autre, ce qui, pour être honnête, peu devenir usant à la longue.

En ce qui concerne la 5e année, les étudiants peuvent décider de rester à Münster ou bien de retourner à Lille et ce, en fonction de leurs ambitions individuelles. A Münster, le focus est mis sur les travaux de recherche, tandis qu’à Lille, l’enseignement est davantage professionnalisant.

As-tu eu le temps pour un job d’étudiant en parallèle de tes études ?

A Münster, l’emploi du temps était plus léger et il m’était donc plus facile d’avoir un job étudiant en parallèle des cours. J’ai pu travailler 10 mois (20h/semaine) pour une start-up allemande qui souhaitait s’implanter en France. Lors du dernier semestre, donc en 5ème année, j’ai aussi travaillé à côté de mes études (10h/semaine). J’étais en charge de différentes missions de communication et de marketing au sein d’un cabinet de recrutement franco-allemand.

As-tu relevé des différences conséquentes entre les deux systèmes français et allemand ? Y’a-t-il eu des chocs culturels ou des surprises ?

Oui et non, c’est-à-dire que j’aurais pu m’en douter. A titre d’exemple, puisque nous alternons entre Lille et Münster tous les étés et que les calendriers universitaires sont un peu différents, les semestres pouvaient se chevaucher de temps à autre. Lorsque nous revenions en France par exemple, le semestre en Allemagne n’était pas terminé et nous devions encore rendre des travaux pour Münster alors que la rentrée était déjà bien entamée à Lille.

Avant de s’engager dans un cursus franco-allemand, il est nécessaire de comprendre que les systèmes universitaires français et allemands sont assez différents. Etant familière avec le système français, j’ai eu plus de mal à m’adapter en Allemagne puisque nous sommes bien moins encadrés et accompagnés qu’en France. De même, l’université allemande est davantage axée recherche qu’outre-Rhin et c’est donc une toute autre manière de travailler qui est exigée. J’ai particulièrement apprécié jongler entre les deux systèmes.

Par ailleurs, les deux systèmes se distinguent aussi sur d’autres aspects. A Sciences Po, il était « facile » de contacter le directeur en cas de souci scolaire ou administratif. A l’inverse, à Münster, l’université étant tellement grande, il était nécessaire de respecter la hiérarchie administrative si nous voulions communiquer une problématique, ce qui pouvait prendre un certain temps.

Tes universités respectives t’ont-elles accompagnée lors de ta recherche de stage ou d’emploi ?

Dans mon cursus, nous devons réaliser un stage obligatoire et un deuxième en fonction de nos choix de 5e année. Nous sommes alors relativement bien encadrés pour notre recherche de stage et la plupart des enseignants s’assurent que nous trouvions nos stages à temps. Parfois, certaines offres d’emploi et/ou de stage nous sont relayées par mail.

De même, il existe une plateforme alumni du côté français et un forum d’échange de diplômés du côté allemand, lesquelles peuvent relayer certaines offres et ou informer sur certains emplois.

Comment se déroule le processus d’admission pour ce cursus ?

Pour intégrer ce cursus, le processus d’admission français est composé de plusieurs étapes. La première était celle du concours, soit trois épreuves écrites en allemand, en histoire et en questions contemporaines. Les 45 premiers étudiants avec les meilleures notes sont ensuite qualifiés admissibles et doivent passer une épreuve orale à l’issue de laquelle seulement 20 étudiants seront sélectionnés. Du côté allemand, le recrutement se fait différemment. Les étudiants doivent envoyer un dossier écrit et en fonction de la qualité de leur dossier, ils seront convoqués à une épreuve orale.

Comment t’imagines-tu ton démarrage sur le marché de travail une fois diplômée ?

Pour le moment, il me reste un semestre avant de terminer mes études, mais de ce que j’ai pu voir sur les plateformes alumni des deux universités, il existe de nombreux échanges entre les diplomés qu’il s’agisse de conseils ou du partage d’offres d’emplois.

Dans l’idéal, j’aimerais me spécialiser dans le secteur culturel et me vois bien travailler en France ou en Allemagne à l’avenir. Ce genre d’études nous pousse à développer une certaine capacité d’adaptation, laquelle est selon moi cruciale lorsqu’on envisage une carrière internationale. Je suis donc plutôt confiante de trouver un premier emploi une fois diplômée.

Peux-tu nous donner quelques exemples de débouchés des alumni de ton cursus ?

1. Responsable administrative chez Freddy met Curry à Bruxelles (BE)

2. Chargé de projet chez OFAJ/DFJW à Berlin (DE)

3. Coordinatrice de gestion de projet chez ArrivalAid à Munich (DE)

 

Tu peux retrouver plus d’informations sur ce cursus et sur la procédure d’admission sur le site de Sciences Po Lille et sur le site de l’Université Franco-Allemande.

Nous avons également interviewé une étudiante allemande du même cursus. Lisez les réponses d’Isabelle en allemand pour compléter les informations sur ce cursus franco-allemand !

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